Aidants

Tout droit venu du Québec, le système du baluchonnage permet aux aidants de s'absenter durant quelques jours grâce à la présence d'aides à domicile qui prennent le relais auprès des seniors et personnes à mobilité réduite. En France, un tel système pourrait bientôt voir le jour dans le cadre du plan grand âge.

Des millions de proches aidants en France sans solution de remplacement
En France, 11 millions de personnes soutiennent un proche qui se trouve en état de dépendance totale. Parmi ces 11 millions, 40% d'entre eux décèdent en premier, avant la personne dont ils s’occupent. La nécessité d'instaurer un modèle d'assistance est actuellement examinée par l'Assemblée nationale dans le cadre de la loi dite "pour un Etat au service d'une société de confiance". D'ici 2019, le plan grand âge actuellement déployé par la ministre Agnès Buzyn intègrera également un plan spécifique afin d'aider les proches aidants qui se dévouent pour les personnes dépendantes.

Un modèle inspiré du Québec
Depuis plus de 20 ans, le baluchonnage est largement pratiqué au Québec. C'est sur l'initiative d'une infirmière qu'il a pris vie. Grâce à ce procédé, il est possible pour un aidant de quitter provisoirement le domicile et se faire remplacer par un professionnel entre 4 et 14 jours (par exemple pour se faire hospitaliser ou pour partir en vacances). Le professionnel désigné vient directement vivre au domicile afin d'assurer la présence et l'aide auprès de la personne dépendante, et les coûts sont pris en charge par les pouvoirs publics. Au Québec, ce service a fait l'objet d'un dépôt de marque : Baluchon Alzheimer, afin d'assurer une bonne utilisation de ces prestations.

Une expérience prometteuse en France
En France, en 2009, l'association Notre-Dame de Bon Secours remporte un appel à projets lancé par l'ARS (l'Agence régionale de santé). Elle est alors reconnue comme plate-forme de répit pour les proches aidants. Inspiré du baluchonnage, la pratique est rebaptisée "cousinage" par les membres de l'association qui font appel à Atmosphère services afin de trouver les aides à domicile pouvant soutenir les aidants. Les coûts sont pris en charge à hauteur de 50% par Notre-Dame de Bon Secours, soit 85 euros par journée de prise en charge au minimum. Pour l'année 2017, le total de journées de cousinage s'est monté à 59. Les bénéficiaires sont surtout des personnes aidantes qui n'ont pas d'autre possibilité pour quitter leur domicile pour se faire soigner ou pour partir en vacances. Durant leur absence, un aide à domicile prend le relais, ce qui constitue une alternative à tout séjour en EHPAD.