Société

L'un des grands chantiers menés par le gouvernement français concerne la prise en charge du vieillissement et de la dépendance. Dans ce contexte, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a présenté la feuille de route et les mesures urgentes prévues.

Quel est le but du plan grand âge ?
Alors que la France compte actuellement plus de 2 millions de seniors âgés de plus de 85 ans, ils seront au nombre de 5 millions et demi dans à peine 30 ans. Le financement de la perte d'autonomie devient donc un sujet majeur, avant qu'il ne soit trop tard pour réagir. En lançant ce projet d'envergure, le gouvernement souhaite donc mener à terme deux buts principaux :

- Répondre aux besoins des aînés maintenant et améliorer rapidement leur qualité de vie

- Repenser la façon dont les personnes âgées sont intégrées et accompagnées dans la société

Différentes mesures urgentes sont donc prises avec effet immédiat, alors que 3 grands axes de réflexion vont être lancés sous forme de débat public et de concertation, d'ici le début de l'année 2019.

Décisions de crédit sur les mesures urgentes
Afin de soutenir les professionnels actifs dans ce secteur, des demandes de crédits supplémentaires sont prévus à partir de l'année 2018. Il s'agit notamment de permettre :

- La création de 1000 places d'hébergement en EHPAD à destination des personnes qui sortent d'hospitalisation (séjour intermédiaire pour la convalescence, afin de réduire le temps à l'hôpital).

- Le recrutement de personnel soignant en EHPAD.

- Généraliser les accès à la télémédecine dans les EHPAD, ce qui permet d'améliorer la qualité du suivi médical et limiter ainsi les déplacements des seniors pour les consultations.

- La sécurisation de la prise en charge nocturne pour réduire les hospitalisations d'urgence pouvant être évitées (formation et engagement d'infirmiers de nuit).

Un soutien de poids envers les professionnels
Face à la lourde tâche qui leur incombe, toutes les professions actives pour le bien-être des personnes âgées doivent être valorisées. Plusieurs mesures sont donc nécessaires, en particulier l'adaptation de la formation et une amélioration de la qualité de vie autant au domicile qu'en établissement. D'ici le mois de mars 2019, tous les référentiels d'activités, de compétences et de formation des aides-soignants seront revus dans leur intégralité, ceci afin de tenir compte des évolutions et pour adapter les qualifications.

Une consultation nationale
Plus qu'une problématique budgétaire, la ministre Agnès Buzyn tient à mener une vaste consultation. A terme, c'est le modèle dans son ensemble qui devra être intégralement revu, ainsi qu'un changement de considération envers ce secteur. Les trois blocs qui seront sujets à réflexion sont :

- Définir les biens et services prioritaires pour les seniors afin qu'ils soient efficacement accompagnés dans la perte d'autonomie et le vieillissement.

- Pour chaque acteur, définir les scénarios de répartition des contributions dans le but de garantir un financement solidaire et pérenne.

- En ce qui concerne les politiques publiques du vieillissement et de la perte d'autonomie, réfléchir sur l'évolution de la gouvernance nationale et territoriale.